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Quand le regard des autres vous paralyse

Oui, il vous paralyse à cause d’un TAS nébuleux.

Le TAS ? qu’est-ce que c’est que ça ?

(Mes jeux de mots me perdront.)

Cet article date de 2018. J’y ai apporté des ajouts parce que, ô surprise, mon TAS est toujours présent et me suivra jusqu’à la fin de ma vie. J’apprends à vivre avec chaque jour. J’ai aussi appris de nouvelles choses sur moi, sur la co-morbidité du TAS…

Je crois qu’il est temps de faire une petite mise au point sur quelque chose que vous avez sans doute perçu chez moi via mes écrits, mes statuts, voire pour certaines personnes en me rencontrant pour de vrai. Pourquoi j’éprouve le besoin d’en parler ouvertement ? Parce que cela peut être un moyen pour moi d’avancer, parce que le sujet vous interpellera peut-être, vous intéressera…

Je peux paraître sensible, impulsive, incompréhensible, je ne sais pas. Je ne suis pas dans vos têtes, mais une petite voix en moi me susurre souvent que c’est tout comme, et que vous êtes dans la mienne, capables de scruter la moindre de mes pensées, analyser le moindre de mes gestes, pour que vous découvriez que je ne suis pas une si bonne personne, que je trompe mon monde. Ça ressemble au syndrome de l’imposteur, mais la réalité est plus complexe. Il découle de ce dont je vais vous parler.

Cette petite voix, elle s’appelle TAS, ou trouble de l’anxiété sociale.

La peur du regard d’autrui. Elle se manifeste sur beaucoup d’aspects de ma vie, dont certains que vous ne soupçonneriez pas même si parfois, vous êtes perplexes devant ma façon d’agir. Au travail, lors de rendez-vous – professionnels, médicaux –, au téléphone, sur scène, lors de mes échanges par mail, réseaux sociaux, messagerie instantanée…

Elle est là et me pousse à surveiller mes faits et gestes, mes paroles. Puis, parfois, je me laisse aller à la spontanéité, puis ça se passe bien. Ou pas. Parfois, lors de ces moments de spontanéité, je mets les pieds dans le plat, tout part de travers. Ou pas. Quoi qu’il en soit, je sens une barrière, quelque chose chez l’autre, qui a mal compris mes intentions par exemple. Et là, c’est le drame. Je repasse la scène dans ma tête. Je me dis que j’aurais dû dire ceci ou cela, agir de telle manière plutôt que d’une autre.

Cela fait douze ans à peu près (en comptant à partir d’aujourd’hui, le 15 novembre 2022) que mon médecin m’a diagnostiquée alors que j’étais venue à la base pour « gérer mon stress dans certaines situations ». Je passe par des phases hautes et des phases basses. Si j’ai pu faire des progrès pour ne pas finir cloîtrée chez moi, à éviter tout ce qui provoque cette foutue anxiété (j’en suis loin, mais c’est un combat de tous les jours !), il n’en demeure pas moins que je ne pourrai jamais m’en débarrasser complètement.

Je dois apprendre à vivre avec et me dire que je ne suis pas un boulet pour les autres, que j’ai toujours peur de décevoir quelque part. Le pire, c’est que je sais qu’il faut que j’arrête de penser de cette façon. Il y a des moments où j’y arrive, d’autres où ça me prend sans que je m’en rende compte.

Je m’excuse tout le temps, cela fait partie des conséquences du TAS. Je ne rentre pas plus dans les détails dans la manière dont je vis ça, pour ne pas déranger. Tiens, c’est une autre conséquence du TAS aussi, hum.

Parlons écriture, maintenant. Deux projets abordent la question du TAS :

– La Mouverêve, à travers le personnage principal, Ambre. Ce projet est en pleine réécriture et je m’efforce d’exploiter beaucoup cet aspect chez Ambre.

– A.V.I.A, via Irène, qui fait partie des personnages principaux, de façon plutôt costaud. Je parle d’autres troubles/maladies aussi, tout aussi épuisants et incompris.

Peut-être que le TAS transparaît dans certaines de mes autres histoires, ce sera la faute à mon subconscient dans ce cas.

C’est une autre manière pour moi d’exorciser le mal si on peut dire ça. Je veux aussi faire comprendre aux personnes qui sont sceptiques, qui s’imaginent que c’est juste « dans la tête », que tout comme pour la dépression, la volonté de lutter seule ne suffit pas, que nous ne sommes pas des personnes qui baissons les bras en permanence, qui jouons la comédie, ou que sais-je encore.

Le TAS conditionne mon perfectionnisme et mon syndrome de l’impostrice. Je ne vous explique pas le mélange !

On l’appelle aussi « la folie du doute ». Je peux vous dire que je ne vous souhaite pas d’être dans ma tête. Jamais. Il y a des moments où j’ai envie de balancer mon cerveau par la fenêtre, notamment quand il vrille parce qu’il ne trouve aucune solution. Cela peut aller jusqu’à la… dissociation ! Oui, parce que je ne souffre pas que du TAS. Souvent, c’est une comorbidité. Quel autre trouble ai-je donc potentiellement ? Il n’est pas diagnostiqué officiellement. Je n’ai pas les cuillères pour aller voir unæ psy, mais j’en parle dans l’article Mes écrits, entre rêves et traumas.

Est-ce que cela veut dire que je porte un masque, que je ne me montre pas telle que je suis vraiment ? Alors, en 2018, j’aurais dit : pas forcément. Malgré la peur, je m’efforce de le baisser, ce masque, et d’être moi-même, même si j’ai juste envie de fuir. Si j’étais dominée par mon TAS, je n’aurais jamais envoyé mes écrits à des ME, je ne me serais jamais proposée en tant que bêta-lectrice ou correctrice auprès d’autres copinautes écrivains. Je n’aurais jamais posté mes histoires sur le web, aussi, commençons par là…

Après, en 2022, je reviens légèrement sur ce que j’ai dit : oui, je porte un masque en quelque sorte. En fait, plusieurs personnes m’ont ouvert les yeux et m’ont expliqué le principe du masking. Eh oui. Alors oui, il est surtout utilisé par la communauté autiste, mais les autres communautés neurodivergentes l’utilisent aussi. On m’a fait comprendre que j’étais légitime (et puis bon, on m’a toujours fait comprendre ou dit que je ne faisais jamais rien comme tout le monde, hein). Pour ne pas paraître hors normes, bizarre, « déviante », je me suradapte, je cache, et lorsque c’est terminé, je suis épuisée, je suis out. J’ai toujours fait ça pour survivre. Oui, cela peut être un mot très fort, mais pour comprendre, je vous renvoie encore à mon article sur mes traumatismes.

Merci de me supporter telle que je suis.

Cet article a 4 commentaires

  1. Lancelot

    Article qui me parle grandement. J’ai pendant un moment également eu peur du regard des autres concernant ce que je pouvais faire ou dire, puis petit à petit j’ai appris à ne plus y prêter attention car peu importe ce que l’on est il y a quelqu’un pour nous soutenir. En tout cas ne change pas ta manière d’être, tu es très bien comme tu es et on t’apprécie pour ça.

    1. Justine_CM

      Il y a des moments où on peut ne pas prêter attention, et il y a d’autres moments où on n’arrive pas à faire autrement. Les personnes qui ont le TAS subissent ce yoyo toute leur vie, ça ne disparaît jamais. Merci en tout cas, et courage !

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